Le bois énergie en Ariège

Or vert pour certains,
ogre capitaliste (dévoreur de forêts) pour d’autres.

Actuellement, il y a une levée de boucliers contre la mégascierie de Lannemezan censée, un jour, couper ’tondre à ras’ tous les/nos hêtres des Pyrénées jusque dans les vallées les plus reculées.
La même chose avec la (future) centrale à biomasse de Gardanne, censée elle couper tous les hêtres jusqu’aux coins les plus reculés des Cévennes. Centrale qui avait 4 fours à charbon, dont un reconverti à la biomasse, qui pour l’instant, ben, n’a pas produit grand-chose.
Certains partis politiques comme LFI et EELV sont contre le bois énergie et préconisent de petites scieries, mais pour l’instant, n’ont pas fait grand-chose et n’ont pas trouvé la solution contre l’achat massif de chênes français par la Chine pour être utilisés et manufacturés par eux et même revenir transformés en France.

En laissant les forêts tranquillement vivrent leurs vies, par rapport à la déprise agricole et à l’augmentation et à la raréfaction de l’énergie fossile, il a été envisagé d’exploiter la biomasse des anciens prés en friches des moyennes vallées montagnardes, pour générer de l’emploi autonome et rentable. Vallées pour l’instant soutenues à bout de bras par la PAC, RSA et subventions publiques diverses.

La coupe et le débroussaillage des anciens prés (et même anciens champs, car vers 1830, avec la surpopulation, presque toute la moyenne montagne était cultivée) en friches, recouverts de taillis et ronces pourraient produire une masse importante de biomasse à valoriser.

Ce sont principalement des taillis avec arbustes, noisetiers et ronces et petits arbres. Peu de chênes, trop tordus dans ces pentes. Les rares coupes servent principalement en bois de chauffage avec production de buches et une forte déperdition de biomasse (branches, ronces, etc).

Bois-énergie : La valorisation serait de broyer cette déperdition pour récupérer toute la biomasse et en faire des plaquettes ou des granulés pour le chauffage.
Cette valorisation permettrait de rentabiliser le débroussaillage des friches qui coutent quand même 3000 euros bruts à l’hectare, subventions à déduire évidement.

La fabrication de plaquettes broyées moins fines permet de dépenser moins d’énergie, voir l’EROI taux de rendement énergétique. Il faut évidement dépenser moins d’énergie à la récolte et au traitement de la biomasse que d’énergie dans les combustibles des moteurs qui servent à la produire.

Le résidu, trop fin, feuilles, ronces, orties, serait méthanisé soit dans de petites installations, soit dans des grandes et réinjecté dans le réseau bio méthane, Gaz de France.

La méthanisation est aussi honnie !
La méthanisation, tant décriée, peut être bien faite et ne pas polluer. Généralement, la pollution est due à des intrants comme le fumier et le lisier, qui ont peu de valeur énergétique, car très humide et qui contiennent beaucoup d’azote. Les normes des méthaniseurs agricoles sont assez restreintes et peuvent donner lieu à des malfaçons polluantes.
Un méthaniseur n’est qu’une station d’épuration améliorée ou même une fosse septique améliorée aussi. Bon dans la région déjà, il y en a peu.
Les intrants cellulosiques, plantes, mais aussi bois (la lignine peut être décomposée) sont broyés, chauffés, malaxés pour optimiser la dégradation de la cellulose et la production de méthane.
Le broyage des intrants, avec le malaxage et le chauffage, augmentant le rendement, permettent de décomposer une grande partie de la cellulose et même de la lignine et de générer peu de digestat.
à noter que l’azote du lisier reste dans les digestats et peut être capturé avec des résines échangeuses d’ions. ça coute plus cher évidement.
1 m3 de fougères sèches, mais aussi de plantes (orties, ronces) méthanisés et traités et ensuite injectés dans le réseau Gaz de France était racheté, il y a peu de temps, 125 euros.

Cette valorisation permettrait de créer des emplois durables
Sans faire comme en Allemagne où les cultures de maïs partent en entier dans les méthaniseurs ou même en France où certains agriculteurs reconvertissent leurs élevages en cultures industrielles pour la méthanisation, plus rentable.

La valorisation des anciens prés en friches, actuellement sans aucuns intérêts économiques avec des cultures annuelles, sur les terrains défrichés, permettrait de produire de la biomasse pouvant être valorisée et créer ainsi des emplois autonomes et rentables. à étudier combien d’hectares minimum seraient nécessaires pour créer un emploi durable avec peu de subventions.

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Annexe :
1- Biogaz: Micro-unités de méthanisation pour des petites exploitations, avec fermenteur discontinu de quelques m3, pour la biomasse tout venant broyée (petits arbres, branches, ronces, fougères, etc…..) et compresseur comme combustible de tracteurs. (utilisation de méthane comprimé en bouteilles 50 litres à 250 bars). 1 bouteille de gaz comprimé équivaut à 7 litres de mazout.
Cette utilisation de biogaz comme combustible de moteur permettrait une économie fort appréciable avec l’augmentation du cours du fioul même détaxé utilisé actuellement.
À titre d’exemple 200 kg de fougères sèches donnent 100 m3 de Biogaz à 60% de méthane (8 bouteilles) équivalent à 56 litres de mazout.
Un digesteur ou fermenteur pour le biogaz en continu, n’est qu’une fosse septique améliorée avec un chauffage et un dispositif d’agitation pour accélérer le traitement.

La Hongrie étudiait l’utilisation de la biomasse comme combustible de centrale thermique en remplacement de charbon, avec l’utilisation du bois et la culture d’une plante énergétique, la céréale l’Elymus Elongata (Chiendent).
http://www.pannonpower.hu/en/ (vieille référence)
https://www.liberation.fr/terre/2005/01/08/la-hongrie-passe-a-la-biomasse_505525/<

Autre utilisation –microcogénération avec un groupe électrogène à bois : chaudière à bûches ou plaquettes et micro-turbine à vapeur pour une habitation ou une collectivité. Technologie émergente, qui avec les études actuelles, devrait entre courante d’ici à quelques années.
Encore à l’état de prototypes, la construction de micro-turbines de faible puissance en masse devrait faire chuter les prix. (Une chaudière à bûches ne nécessite pas d’alimentation automatique en continu et tient 20 heures). Voir turbines Rankine

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